mercredi 4 juillet 2007

dosage de l'intensité, du volume, où s'arrêter ?


L'entrainement pour rester en bonne santé reste toujours en deçà des limites de l'athlète.
Plus on entre dans la logique compétition, plus on cherche à progresser pour obtenir des indices de succès: médaille , podium , reconnaissance dans les médias, félicitations des proches, chronos, diplômes de finisher ...
Pour un entraineur, c'est presque la même chose, il apprécie la reconnaissance mais il faut ajouter la responsabilité de la santé de l'athlète. En effet, la planification de l'entrainement exige de bien connaître son athlète, veiller à solliciter son corps jusqu'à un niveau difficile à déterminer. Si la sollicitation est trop faible, la progression est très lente, si elle est trop forte, le corps réagit, il envoie des signaux d'avertissement, si cela ne suffit pas, c'est la blessure un des signaux les plus forts.
Vous comprendrez que dès qu'il y a soupçon de blessure, l'entraineur doit alléger l'entrainement ou même le stopper. Chaque athlète est différent et même dans une année, le même athlète a des capacités différentes en fonction de sa forme et de son environnement professionnel ou famillial.
Mardi, nous avons eu une séance de vma courte, il y a eu plusieurs programmes en fonction du niveau des coureurs. L'échauffement a été classique avec 30' de footing avec le plaisir de papoter, puis préparation physique générale puis préparation physique spécifique, dans cette partie il y eu des montées d'escaliers, des montées de gradins, des diagonales de gradins, du travail de pied, talon, pointe, plante, cela sollicite pas mal le jambier et le mollet. Le lendemain, un coureur m'écrit qu'il a mal aux mollets. Ma première réaction est : il a mal, il doit arrêter, ma deuxième réaction est : il veut peut-être me dire qu'il sent que ses mollets ont beaucoup travaillé et il a "mal". En fait, grace au téléphone, le doute est levé, on devrait être plus précis et faire la différence entre des sensations analogues à des courbatures et des signes de réelle blessure. Le dosage des éducatifs doit lui aussi être adapté.
La communication est vraiment difficile via l'Internet.
Deuxième volet de la séance, nous avons le cas d'un bon coureur avec une vma évaluée l'automne dernier à 19,5 km/h soit 3'05 au km (précision pour que vous appréciez la vitesse sur la courbe en illustration). La vma se fera en une seule série de 20x200 r100. Pour d'autres c'était 20x150 r30".
Déjà, j'ai noté que sa FC n'est montée que jusqu'à 169. Sur le stade, un signe qui ne trompait pas, il grimaçait de "douleur", la vitesse était largement trop haute et je remarquais la crispation bien que la foulée soit belle. Mes consignes ont été, pense plus au geste, cherche à mettre en pratique les éducatifs de foulée plutôt que t'arracher pour aller vite. En effet, la vma est la vitesse obtenue lorsque le volume d'oxygène maximal est atteint, cela s'obtient avec le meilleur rendement physiologique et bio-mécanique. Ma consigne est de rester concentré sur le geste pour être beau, belle foulée, bel alignement du corps, bonne position des bras, cela ne s'obtient pas avec une grimace. Ce n'est pas facile mais on n'est pas dans le dur sinon on ne tient pas 20 répétitions. Si vous regardez le dernier intervalle, il a été fait en apnée, le coeur ne montait plus et il a craqué ne savant plus combien il en avait fait.
Pour une belle série de vma courte, il vaut mieux partir un poil plus lent et réajuster sur les 3 premiers intervalles et sentir qu'on va aller au bout. En général, au deux tiers on a envie d'arrêter, c'est là que c'est payant: le dernier tiers.
En tous cas, l'enregistrement de la courbe m'a permis de confirmer ce que j'avais vu sur le stade, c'est pourquoi pour mes athlètes qui sont très loin, il est bien sûr nécessaire qu'ils me donnent leurs sensations mais aussi qu'ils me donnent leurs courbes, à force, je finis par voir!
De toutes façons, je préfère une séance complète à une intensité de 95% de vma qu'un séance démarrée à 105% arrétée avant la fin. C'est comme partir trop vite sur un marathon et exploser au 35ème, il vaut mieux partir un poil plus lentement et terminer le marathon fort!

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Charlie,
super interressant et instructif, depuis que j'applique les conseils que tu me donnes, les seances Vma ne me fond plus peur et quand je commence mes series de vma ou specifique, je demarre souvent un poils plus lent pour finir la seance pas trop cramé. Ainsi les seances passent beaucoup mieux et j'ai plus de plaisir sur les seances.
Merci Charlie a+.

Anonyme a dit…

salut charlie,
je suis tellement habitué à faire mon spécifique sur la piste ou j'habite que je me suis senti un perdu à Courtemanche , j'avais perdu mes repéres. Je suis parti trop vite des le départ et j'ai senti très vite que pour moi ça serait une séance difficile ce qui a été le cas mais je sais que ça va me servir de leçon et ma pochaine séance de 200 sera bien differente et mieux maitrisée.
Il faut se servir de ses erreurs pour progresser et c'est ce que je vais faire, en tous les cas merci pour ces instants passer avec toi , on t'écouterait pendant des heures.

Anonyme a dit…

Charlie l� tu mets le doigt sur un aspect bien particulier de l'entrainement � distance:l'entraineur n'est pas forc�ment pr�sent (m�me quasiment jamais pour beaucoup d'entre nous) pendant les s�ances de l'athl�te.
Il est donc difficile pour lui d'appr�cier la forme du moment.Certains par exemple,mal entrain�s ou mal inform�s,consid�rent que tant que l'on ne va pas � la bassine sur une s�ance de VMA on n'a pas fait une bonne s�ance:si l'entraineur n'est pas l� ou si l'athl�te fait un mauvais CR de ses sensations il se cramera � chaque s�ance de VMA!
D'ou �galement l'importance de l'honn�tet� de l'athl�te dans ces CR pour que le coach cible au mieux les forces et faiblesses du moment.
Comme tu le soulignes l'utilisation des courbes et un coup de t�l�phone de l'athl�te au moindre doute simplifient les choses!
A plus.
Ceef.

michel a dit…

salut ceef d'accord avec toi