lundi 11 mai 2009

donner, partager, écouter, tenir compte de l'autre

Depuis, décembre, une complicité a abouti à ce que j'ai vécu comme un bonheur incomparable, de plus, malgré les jours qui sont passés, il y a encore des découvertes qui agrémentent mes heures passées loin de chez moi. Comme les moyens de communication modernes sont à ma disposition, je suis toujours "On-line", téléphone, chat-clavardage, email-courriel et toujours le plaisir de partager en vrai, dans la vraie vie une soirée, une journée, c'était beau, et il en reste des émotions gravées en moi, des photos gravées sur les disques durs et par exemple, un message qui me fait du bien, pas parce qu'il me flatte mais parce que je sais que c'est sincère et que des amis qui étaient là sur place à Noyal Pontivy en jaune l'ont fait savoir à Babeth. Maintenant je sais.

"Il y a des rencontres qui font grandir et d'autres qui font courir .... plus rare, il arrive qu'on rencontre un homme qui nous fasse faire les deux. Grandir pour mieux courir et courir pour grandir d'avantage.
Charlie, je suis heureux d'avoir pu te croiser. Merci de tant donner, de tant partager.
Bon week end avec tes amis."

Stéphane Jaubert

Nous avons fait un bout de chemin ensemble en couple entraîneur-athlète, ce couple n'est plus et nous restons amis et conversons de temps en temps. La "charlie team" n'est pas une équipe formelle de coureurs, il y a des "non-entrainés"

Derrière, l'entraineur, fier de ce qu'il a accompli, fier de la confiance de ses athlètes il y a l'homme, avec sa philosophie, avec sa recherche d'équilibre dans ce qu'il met par passion, ce qu'il retient par sagesse.
Avec du recul, le contraire du bien-être, le contraire du bonheur, c'est en partie de la frustration, de la jalousie.
Des coureurs s'adressent à mes athlètes et leur demandent: "peux tu me donner ton plan d'entrainement ?". C'est dommage qu'ils soient frustrés et croient que c'est un refus de donner une recette miracle pour atteindre, une performance, ou obtenir un sésame vers un record. Beaucoup de coureurs réalisent de façon floue, qu'ils pourraient s'améliorer en changeant quelque chose dans leur entrainement. C'est vrai surtout quand on fait toujours la même chose et que les résultats stagnent, OUI, il faut changer, mais que changer ?
Des athlètes de haut niveau, peuvent changer de coach, des athlètes de "caniveau" peuvent changer de poudre de perlimpinpin aller sur des chemins détestables.
Des simples coureurs perdus dans les multitudes de choix: magazines, sites Internet, forums, et j'en passe peuvent se raccrocher à des photocopies ou des fichiers glanés çà ou là.

C'est la misère !

le titre de ce papier qui m'a été inspiré par ces derniers jours fabuleux, c'est :
"donner, partager, écouter, tenir compte de l'autre"

donner: je donne beaucoup de mon temps, je ne suis forcé par quiconque ni par quoique ce soit, ce n'est pas de l'idéologie, c'est tout simplement que j'aime çà. Quand je donne, j'ai des motifs de satisfaction. Par exemple, un garçon reçoit ses séances pour une, deux ou trois semaines, d'abord, il me remercie, ensute il s'applique à courir comme il a été prévu, ensuite il me donne les informations pour que j'en fasse l'analyse. Souvent, c'est un courriel avec en pièces jointes les fichiers .pdd et .hrm de Polar ou bien un .tcx de Garmin. Oui, ça m'occupe pas mal, quelquefois je suis complètement débordé et je repousse de quelques jours l'analyse des séances. Là où je me différencie des plans tout faits ... je réajuste, je fais sauter, je réduis la dose, je change l'intensité ... tous les entraineurs font la même chose, certains le font sur le terrain, c'est quelquefois la seule faàon de faire puisque certains n'utilisent pas les moyens de communications modernes, ils mettent les consignes sur un bout de papier et les gars recopient leur séance sur le dos de la main du côté du chrono. Et ça marche ! Ce qui nous rassemble, c'est simple, nous sommes centrés sur l'athlète, nous l'écoutons, nous le regardons, nous vivons ce qu'il vit en quelque sorte.
Quand un de mes athlètes est fatigué, je ressens sa fatigue, quand il est blessé, c'est une énorme souffrance. Quand il ou elle se déplace en béquille, j'ai envie de pleurer car je ressens la frustration. Quand il ou elle attend un rdv pour uns scintigraphie, je me prépare à vivre un moment très dur où le médecin dira : "... fracture de fatigue qui ne se voit pas à la radio, mais elle est bien mise en évidence sur l'image, il faut 6 semaines sans poser le pied ..."

partager : on partage les succès et les échecs, on repart ensemble sur des nouveaux objectifs, on partage les doutes, le coach tend à diminuer tout ce qui aura un impact négatif sur la compétition, il doit partager l'envie de faire de grandes choses mais il doit aussi faire comprendre qu'il faut du temps, de la patience pour progresser. Pour ma part, il faut en plus que j'arrive à partager des valeurs humaines. Comme, j'aime à le dire et redire, je suis fier d'être dans un club qui a des résultats mais ce ne sera jamais des résultats à tout prix. Pourquoi ne pas le dire, on peut partager y compris la queue de peloton, on peut partager des efforts même en étant peu performant. Avec des vétérans, on partage aussi la regression, les jambes vont moins vite mais le plaisir est toujours là, on partage les blagues avec les anciens, patrice, jeanlou, henri, jilali. On partage les bières avec tout le monde, les nouveaux comme les anciens, les coureurs comme les entraineurs, momo, bruno, thierry et il y avait même pascal Boussaud avec qui j'ai paratgé le dernier stage à Andrezieux.

tenir compte de l'autre:
tenir compte de l'athlète c'est respecter ce qu'il est, ce qu'il vit, ce qu'il veut, ce qu'il peut.
certains de mes nouveaux dans l'équipe découvrent, il ne savent pas qu'il y a certes des principes techniques, qu'il y a la physiologie, l'adaptation du corps grâce à un entraînement structuré., qu'il y a la diététique, la récupération. Ils apprennent au fur et à mesure des séances, qu'il n'y a pas de vérité inscrite dans le marbre, qu'une séance qui a marché, ne marche plus, que chaque athlète est différent. En plus, un athlète change, ses performances évoluent, ses motivations peuvent changer. Chacun de mes athlètes a droit à une planification différente. Chacun a un mental différent. Il y a celui qui va se gameler parce qu'il est trop optimiste et celui qui met le frein à main alors qu'il faut tout donner.
tenir compte maintenant de chacun de mes athlètes, cela me donne le devoir de tenir compte de ceux que j'aime, pas simplement des amis avec qui je partage beaucoup mais aussi et surtout ceux qui comptent le plus au monde, Babeth et nos enfants Camille, Julien, Pierre et Marie.
tenir compte de l'autre, c'est être complètement attentif à ce qu'il ressent, ce qui le touche lui fait couler des larmes de tristesse ou des larmes de bonheur, c'est tenir compte de ce qui est important à ses yeux, à sa façon d'appréhender le monde qui l'entoure. Respecter l'autre dans ce qu'il réalise dans ses propres projets qui ne sont pas forcément les mêmes, respecter son travail, respecter ses loisirs, respecter son "désintérêt" pour ce qui vous passionne.
Babeth, n'aime pas la course à pied, elle ne pratique pas, elle n'est jamais partante pour aller regarder une course, elle ne sait pas ce qu'est une planification, ce qu'est une séance de qualité, elle ne connaît presque rien du vocabulaire des coureurs, une discussion entre coureurs va vite devenir ennuyeuse pour elle.
Elle sait pourtant une chose, elle sait que son mari est passionné et elle ne veut pas m'enfermer dans un enfer.
L'enfer serait empli de frustration, d'interdiction de courir, de partager avec mes amis-athlètes.

Babeth et tous mes amis m'ont fait un cadeau fantastique, alors que ce n'était qu'une fête pour me surprendre pour capter ces moments d'émotion éphémère, ils m'ont donné du bonheur qui va au delà d'une seule journée où j'ai été bichonné, mis en valeur, entouré, où on m'a invité sur le podium, bruno a fait un très beau texte, thierry a mis toute son énergie à tout coordonner.

C'est énorme pour moi car c'est le lendemain, que j'ai réalisé grâce à ce que m'a confié babeth que pendant toute une journée elle a entendu mes amis lui raconter tout ce que je fait pour les athlètes. A voir comment Babeth est fière, je me demande si les amis n'ont pas un peu ou beaucoup forcé la dose. La conclusion de ma chère et tendre: "nous ne faisons pas la même chose mais une chose est sûre nous écoutons les autres et nous en tenons compte, oui nous sommes pareils, et nos enfants partagent nos valeurs"

voilà pourquoi "donner, partager ... écouter, tenir compte de l'autre" c'est source de bonheur !

4 commentaires:

Oliv a dit…

Encore une bien belle leçon. Tes textes sont savoureux.

Mine de rien cet équilibre que tu as atteint sur de très solides fondations familiales, professionnelles est un vrai modèle pour nous qui avons une famille, un travail, et un coach qui a un haut niveau d'exigence (non pas en terme de "résultat" ou de "niveau" mais je parle d'exigence en terme de sérieux, d'investissement personnels et de fiabilité)

Cet équilibre est indispensable pour démarrer quoi que soit de façon sérieuse et profondément engagée. C'est chouette de pouvoir s'entraîner si dur dans ces conditions, tes "plans" ne sont pas que des % de VMA ou de FC, tu fais rayonner ton propre équilibre à chaque instants. Tu peux me croire moi ça m'aide à tenir la barre.

Te connaître est un vrai bonheur.

Bruno a dit…

On a encore partagé des moments forts. De ceux qui font des souvenirs qui marquent. De ceux qu'on ressort de sa mémoire quand le moral flanche.

On forme une sacrée belle équipe, unie par des liens simples et forts.
Nous étions tous fiers et heureux d'être à l'initiative d'une belle fête pour toi. Ce n'est qu'un juste retour des choses, un remerciement sincère de ton dévouement pour ton "groupe" au sens large.
Qui donne sans compter, reçoit en retour. Qui partage, s'enrichit. C'est presque une devise...

Notre lien va bien au delà de la course à pied. C'est ce qu'ont pu constater Babeth et tes enfants. Pas besoin de courir pour partager et apprécier nos rencontres. Certains coureurs ne feront jamais parti du groupe, Babeth qui ne court pas mais partage nos valeurs est dans le cercle.

C'est une chance de t'avoir rencontré. C'est un bonheur d'avoir su la saisir

Sadok a dit…

Ta joie et ton émotion sont communicatives.

Nous avons vécu ensemble des moments simples et qui resteront gravés.

Ton team informel a pris forme par la force des choses.

Tu as constitué un groupe de coureurs de tous âges et de tous niveaux tous passionnés comme toi, unis par des liens de confiance et d’amitié, sans se prendre la tête et conscients de la chance qu’ils ont d’évoluer dans un cadre privilégié tant sur le plan sportif que sur le plan humain.

Merci Charlie pour tes qualités.

Gardes-en pour tes proches.

Fantomas a dit…

Salut Charlie,
cette tu journée surprise tu l'as merite, tu es un homme extra. De mon coté je ne suis pas toujours un bonne eleve. Nous nous verrons bientot à Reims, et je vais tacher d'appilquer au mieux la prepa marathon que tu vas meticuleusement me preparer.
Merci egalement pour les textes qui sont agreable à lire.
a bientot