jeudi 22 décembre 2011

ce qui nous différencie et ce qui nous rassemble


Dix,
Dix pulses, Dix années, Dix minutes.

Dimanche 18 décembre, Olivier et moi nous avons couru le même cross, nous faisions partie d'une belle délégation de notre club la JA Melesse, c'était bien sympathique, c'était organisé par l'EAPB. Arrivé sur le site, j'ai eu la joie de revoir de nombreux amis dans la course à pied, ceux de Noyal-Pontivy autour de Krysteel et Momo, les crossmen et crosswomen du département 35 qui font une répétition générale pour le prochain championnat départemental et mon ami Jean-Paul Couétil camarade des deux promotions d'entraîneurs hors stade pour les niveaux obtenus après nos stages à Andrezieux. Jean-paul ne courait pas car membre de l'EAPB mais m'a annoncé qu'il fera le départemental. Dans la course je me suis amusé à courir avec Hervé entraîneur de Guichen, j'espère qu'il sera en forme et pourra courir au départemental, cela me motivera en me remémorant nos courses en V1.

les Dix !
Si vous regardez les courbes de FC superposées (celle d'Olivier en rouge, la mienne en orange), il y a bien Dix pulses d'écart. FC max 173 et 183. et globalement 10 pulses durant la course.
Nous avons bien une différence d'age de Dix années.
Sur cette course, il y a aussi Dix minutes d'écart sur les chronos.
Dix de plus pour moi à chaque fois. Les adeptes d'Astrand ne doivent rien y comprendre.

Nous sommes réellement différents, d'ailleurs deux jours après la course, Olivier a fait une séance d'allures variées avec de l'allure marathon et de l'allure semi. Il était très bien avec de bonnes sensations et le coeur était à peine à 160 puis à 164. Après le footing de récupération du mercredi, ce jeudi il a attaqué une séance test dure avec 3x1500 et 3x500, les 1500 en vitesse stable et les 500 crescendo. Comme c'était sur stade, Olivier s'est installé dans le plaisir d'être régulier mais avec l'envie d'aller vite. C'est seulement en faisant le dernier 500 à 20km/h qu'il a atteint sa FC de "croisière" de cross.
Pendant ce temps, moi, le vieux, j'avais mal aux jambes. Mardi, je n'ai fait qu'un footing de 45' et ce jeudi je ne suis même pas allé m'entraîner alors que j'ai encore mal aux quadris.
L'air de rien, mes dix pulses de plus, mes dix années de plus et mes dix minutes d'effort intensif de plus m'ont bien atteint.
C'est bien cela qui sert d'illustration au fait que nous ne sommes pas fait pareil, nous allons à des vitesses différentes, nos coeurs ont des rythmes différents et nous ne récupérons pas de la même manière.
Dans le même temps d'autres coureurs que j'entraîne sont encore plus jeunes et vont quelquefois plus vite mais eux aussi rencontrent des difficultés quand ils s'entraînent moins et sont moins performants et récupèrent moins vite.
A la finale ce qui nous rassemble, c'est notre humilité de coureurs/compétiteurs du dimanche besogneux la semaine et quelquefois fatigués. Les fêtes arrivent, nous allons faire ripaille et le 8 janvier, une semaine seulement après le jour de l'an nous allons nous arracher les tripes dans la boue. Ce sera la fête du club avec les vétérans le matin encouragés par les enfants, les filles et les séniors, ensuite se suivront les différentes catégories, c'est en dernier que les As seront lâchés.
Pour ma part, j'aurai tout le mois de janvier pour récupérer et je serai spectateur au championnat de Bretagne, les autres continueront à s'entraîner pour briller qui à Quimper, qui à Brest et pourquoi pas La Roche sur Yon.

samedi 15 octobre 2011

presque demie diagonale d'un coureur pas prêt à devenir fou

Réveil samedi 15 octobre 6 heures ici à La Réunion.


La première chose que je fais, c'est la consultation de l'avancement de mon ami Thierry, tout va bien, quand je m'étais couché il était sorti de Cilaos, il était resté un peu plus de 2 heures, il a donc pris une douche et a dû se reposer un peu. Thierry est à Marla, il sera sans doute à la Redoute dans la journée nous pensions courir dans la nuit à Mafate et il va tout faire de jour, c'est bien pour les yeux et c'est tant pis pour le « chrono ».

Pour ma part, je me remets de ma journée difficile, j'ai mal à plusieurs endroits: mal au cou, comme un contracture, mal au dos, il a été de nombreuse fois vrillé, par exemple, le buste tourné à droite et la jambe droite glissant et partant à gauche vers l'arrière, les bras et les mains se retrouvant dans la boue ou pire sur des rochers qui m'ont blessé les doigts et m'ont laissé des bleus sur les quadris et les mollets, un autre « endroit » qui me laisse un goût amer, ce sont les quelques fois où les spectateurs me disaient gentiment: « allez georges, courage georges, bravo georges ». C'est un problème récurrent où mon état cicil ne colle pas avec mon prénom d'usage.


Des courriels et des sms d'amis sont arrivés en nombre sur mon mobile et mon compte de courriel. Avec ce papier, je vous réponds à tous sans oublier chacune des touches particulières liées à chacune de nos expériences vécues ensemble.

Il y a les coureurs avec qui je m'entraîne toute l'année et nous nous voyons plusieurs fois dans la semaine, il y a les traileurs avec qui je fais quelques sorties spécifiques en terrain comportant des passages techniques, Guerlédan ou la pointe du grouin, il y a mes amis entraîneurs qui savent ce qu'il y a dans ma tête de coach et qui me savent fort pour motiver les autres mais toujours « seul et faible» quand il s'agit de charlie l'athlète, il y a ceux qui étaient là en 2009 , les pas pressés quand j'ai eu plus que de la déception, un sentiment d'être le roi des imbéciles, celui qui ne lit pas le carnet de route et qui manque de respect à cette fameuse diagonale des fous. Quand on regarde les résultats 2009, qu'on tape mon nom, c'est juste mis, départ St Philippe Cap Méchant et abandon. Pour rappel, j'étais arrivé au pointage à la route du volcan vers 9h00 et avait été mis hors course parce que le pointage était terminé, l'informatique rangée, le ravitaillement était en train de fermer. Pour information, c'est un endroit qu'on peut atteindre en voiture, c'est sur le bord du cratère du piton de la Fournaise et la vue le matin de bonne heure est très belle.

2011, tout avait très très bien commencé.


Nous étions deux amis à nous inscrire à cette diagonale et nos femmes qui n'aiment pas spécialement la course sont amies et se voient toutes les semaines elles s'appellent pour rire les femmes désespérées clin d'oeil à la série télé. Nos desesperate housewives ont bien géré notre voyage à la Réunion, c'est attablé devant la piscine d'un superbe hôtel choisie par elles que j'écris ce papier. Thierry vient de passer à trois roches, il a perdu 3 places depuis Marla et seulement une place en catégorie V2, 883ème au scratch et 130ème V2.

Revenons à ce séjour qui a très bien débuté, nous avons passé les premiers jours à St Pierre pour être assez proche du départ de la course, cela nous a permis de nous promener et faire des repérages, nous avons vu le stade à Cap Méchant, visité des coins sympathiques sur le sud de l'île, nous sommes montés au volcan mais la météo était mauvaise nous n'avons pas vu grand chose sauf le point de ravito du piton Textor avec la surprise de rencontrer Jacques un trailer de St Gilles, pas sur l'île de la Réunion, St Gilles, à l'ouest de Rennes. Le jour de la prise des dossards, nous avons fait un crochet, avons quitté la route des tamarins et avons profité d'une éclaircie très brêve pour contempler le cirque de Mafate depuis le piton Maïdo. En ce moment, thierry passe justement en dessous du Maïdo, la diagonale entre dans Mafate par le col du Taïbit, descends à Marla, passe à Trois Roches puis Roche Plate qui est juste en dessous du Maïdo, se dirige vers le nord ilet des orangers pour sortir par la rivière des galets en passant à deux bras.

La météo sur le centre de l'île a été mauvaise, il a plu les 3 jours précédents la course, nous sommes restés sur les bas, côte sous le vent où il fait beau. Nous avons vu côté sud est au vent, les traces des différentes coulées de lave des éruptions de 2007, 2002 et de la fin du 20ème siècle.


Pour rester sur de belles images, je vous raconterai ma course sans respecter l'ordre chronologique.

Départ de Cap Méchant, cela se passe bien, il y a beaucoup de monde, Robert Chicaud, nous promet de la souffrance, la diagonale n'est pas une épreuve pour n'importe qui, il nous promet du froid à peine 2 degré sur le volcan mais pas de neige, il fait l'allusion à la boue à cause des pluies des derniers jours et nous promet un changement de parcours à cause des passages impraticables dans la forêt de Belouve après Mare à boue. Le coup de pistolet est donné, mon cardiofréquencemètre ne fonctionne pas, j'ai l'habitude, lors de départ, il y a trop d'émetteurs à proximité qui brouillent le système. J'entends des coureurs qui annoncent leur vitesse proche de 11km/h. Cela me va bien et me dit qu'ils vont se calmer et marcher dès que cela va grimper. Thierry me dit que c'est un peu rapide et je lui réponds qu'au moins nous n'aurons pas les randonneurs devant nous sur le sentier dans la pente à 28% où il y a deux ans, j'étais bloqué dans un véritable bouchon et ça n'avançait pas. Ma stratégie est de partir vite comme en cross et ensuite une fois placé, redescendre à ma vitesse de croisière. Ce qui devait arriver arriva, dans les champs de cannes à sucre les coureurs reviennent à leur niveau, pas mal se mettent à marcher, d'autres alternent marche et course lente. Plusieurs fois je crie « thierry » et comme je n'arrête pas de doubler, je crois que je l'ai perdu, quelques minutes avant d'arriver au pointage et ravitaillement, thierry me rattrape et me dit que nous étions très rapides, c'est vrai car nous constatons que nous avons mis moins de 2 heures à monter là, donc 1h00 avant le hors délai, le ravitaillement est très bref, juste le temps de picorer et recharger nos poches d'eau. Même à ce niveau je me mets à courir pour grapiller des places avant la grimpette. Nous faisons toute la première partie ensemble, je me mets dans les pas de mon prédécesseur et je suis toujours très concentré, je regarde de temps en temps l'altimètre, je sais que cette partie est très très longue, 1400m de dénivelée positive en un seul coup. Arrivé à 1400m d'altitude, je calcule que j'ai fait la moité de la montée et je décide de calmer le jeu. Les places sont faites. A la louche, j'ai assez de mou pour passer sans être inquiété par les barrières horaires. Thierry continue à ce rythme qui lui convient, moi je devais être en sur régime et l'altitude ne m'arrange pas. Enfin le groupe dans lequel je suis bien arrive à découvert, ce ne sont plus que des arbustes et ils ne protégent pas du vent. Robert Chicaud nous avait préduit 2 degrés, j'enlève mon T Shirt Trempé, je mets les manchons aux bras, le buff sur la tête et mon coupe-vent, je ne sentirai jamais le froid. Passage au ravito de foc foc, je ne charge pas la poche à eau, je mange tout ce que je trouve car je sais qu'en fin de nuit je risque une hypoglycémie, je bois du coca et du café avec du sucre et fonce, je ne reste que 5 minutes et repars vers le prochain pointage qui n'est qu'à 7 km donc à 1 heure au plus. Même si ne reste que ¾ d'heure sur ce tronçon, je m'endors debout quand je ne cours pas, à un moment je me réveille et m'aperçois que je suis loin du parcours alors j'accèlère pour ne pas m'endormir à nouveau. Enfin j'arrive sur le lieu de mon plus mauvais souvenir de course, je lève les bras, je savoure ce petit moment de bonheur, je passe au pointage avec un très large sourire car la fois précédente, c'est bien là que les bénévoles se demandaient qui « oserait » me retirer mon dossard. Je scrute toutes les personnes qui arborent un badge de l'organisation en espérant voir le chef de poste j'aimerais lui dire bonjour et lui rappeler l'anecdote malheureuse pour moi. Bon cette fois-ci , j'ai pointé à 4h12, il fait nuit et l'heure limite est à 7h45, j'ai plus de trois heures d'avance. Commence ici, le parcours que je n'ai jamais emprunté, direction piton textor via l'oratoire ste thérèse ancien point culminant de la course à 2400m, nous sommes déjà à 2320m donc ce sera des petites successions de montées et descentes.


Petit saut dans le temps, car pour moi le plus beau moment m'a tellement ému que j'en ai la gorge serrée et mes yeux se régalent du souvenir des images que je garde en moi, je l'avais dit, je n'ai pas pris d'appareil photo et puis si quelqu'un veut voir, qu'il se déplace car c'est incomparable d'être sur place et de voir des images sur papier ou sur écran.


Piton Textor, 2065m, descente vers le chalet des Pâtres, nous traversons la plaine des Caffres entre des champs où paissent des vaches, et surtout entre des barbelés pour délimiter leurs lieux de patûrage. Ces fils ne me dérangent pas plus que ça et délimitent un passage qui en temps normal permet de courir à plusieurs de front et pour moi de doubler les marcheurs, là c'est une autre histoire, la pluie et les premiers raideurs ont fait leur oeuvre, une trace en temps normal est devenue une ornière boueuse, les coureurs l'évitent et font de nouvelles traces sur les bords, malheureusement cela ressemble à une cuvette et comme je suis toujours chanceux, je glisse sur la boue et me casse la figure plusieurs fois. A l'approche du chalet nous sommes sur une sente zigzaguant le long d'une faille, je glisse encore et par peur de me retrouver dans une ravine, je me contracte et c'est une crampe qui me prend à la cuisse gauche. Les autres fois ce sera l'autre cuisse qui crampe.

En fait alors que ce n'est pas si glissant, je fais quelques chutes avant de me faire apposer une pastille sur le dossard au chalet. Avant d'arriver à Mare à Boue, nous avons droit à une route qui me permet de faire de la marche rapide et je redouble tous ceux qui m'ont gentiment encouragé quand ils me passaient à cause de mes chutes et mes crampes. Avant Mare à Boue, il y a de très nombreuses familles qui viennent faire des ravitos sauvages, je comprends mieux pourquoi il y avait peu de sacs déposés la veille pour Cilaos et Deux Bras. En tous cas toutes ces familles nous encouragent tous et me donnent du bravo Georges. Pointage, heure limite 12h00 et il n'est que 9h05 soit pratiquement 3 heures d'avance. Là je prends un bon repas poulet pâtes, soupe vermicelles, je recharge la poche car on me dit qu'il y a de l'eau à 8km puis 21km, c'est à dire Hell Bourg.


A peine sortie du ravitaillement, je me suis mis à courir et j'ai doublé des groupes de raideurs-marcheurs, très rapidement nous nous sommes trouvés à la même vitesse car nous avons eu droit à de la boue, il y avait des passages très dangereux car les rochers étaient recouverts de boue laissée par les chaussures de nos prédécesseurs. Nous ne comprenions pas car on nous avait promis d'éviter les sentiers avec la boue impraticable. Jamais je n'ai vu de ravitaillement en eau, j'ai terminé l'étape à sec, pas grave j'ai connu pire et là, c'était humide donc je n'ai pas eu la sensation de coup de chaud et soif. Dans la forêt de Bélouve, j'ai dû faire une dizaine de chutes avec souvent torsion du dos, j'avais l'impression de faire une révision du judo, chute latérale à droite, chute avant, chute arrière, latérale gauche. Un spectateur rencontré sur une portion de route m'a offert des gants de VTT en me disant que ça me servirait, c'était vrai car je me suis plusieurs fois raccroché à des branches d'arbre. Les pieds qui glissaient dans tous les sens, les chutes, les vrilles de mon dos, ça m'a épuisé et mon cou est encore tout contracturé. J'étais dans un groupe qui a presque unanimement abandonné. Certains disaient pourquoi sommes nous punis, nous n'avons rien fait de mal. A un moment, j'ai vu une fleur magnifique, j'ai constaté qu'il n'y avait personne qui regardait, nous avons passé au moins 4 heures à regarder où mettre nos pieds. Le sentier est complètement saccagé. L'ONF va surement interdire le passage l'année prochaine, les arbres ont été torturés par les raideurs déséquilibrés.

Non loin du gîte de Bélouve, nous avons été rejoints par un groupe de raideurs qui a pris un raccourci par la route, en effet, une très grande partie des sentiers longeait la route forestière et cela nous aurait fait économiser beaucoup d'énergie. Cela paraissait interminable, là j'étais dans un état mental déplorable, mon téléphone n'arrêtait pas de sonner, c'est bête mais c'est normal que les proches s'inquiètent et m'appellent mais cela me sortait de la course et chaque fois il fallait que je trouve un endroit pour m'arrêter ce qui n'était pas facile. Dans une autre vie j'en aurais voulu à la terre entière, comme je sais que tout ce qui m'arrive, c'est moi qui l'ai voulu, je ne pense qu'à une chose: »de toutes façons, cela va bien finir par s'arrêter! » Dans la journée, même si beaucoup se sont plaints lors des entrevues télévisés, Robert Chicaud a déclaré très justement qu'un traileur se doit de courir en nature, par tous les temps et si des personnes n'aiment pas la boue alors ils n'ont pas la place sur cette course. « pas faux » je ne reviendrais surement pas car la prochaine fois ce serait peut-être la chaleur ou un autre prétexte météo qui me ferait abandonner. Sincèrement, je suis un coureur et je me demande si courir dans la boue en Bretagne lors des cross me procure pas un bonheur immense alors qu'ici à la Réunion, c'est démentiel, normal c'est la diagonale des fous.


Nous avons mis 8 heures pour faire Mare à Boue - Hell Bourg c'est à dire 21km avec des portions de route, nous avons accéléré pour ne pas arriver juste pour repartir. Hell Bourg soit en anglais le bled d'enfer !


Dans la descente entre le gîte et le bourg qui était annoncé pour ¾ d'heure et j'en ai mis ½ heure de plus avec pour lièvre un Réunionnais, je me disais que je pourrais dormir un quart d'heure et repartir requinqué, j'étais épuisé et des copains de circonstance demandaient tout autour si c'était normal de ne plus avoir de jambes alors que nous n'étions mêmepas à la moitié. Fallait-il repartir, s'interrogeaient-ils. D'autres disaient qu'ils n'avaient plus de jus, ils avaient tout laissé dans la boue et ne pouvaient pas affronter la montée dans la nuit et pire la descente du bloc après le gîte du piton des neiges. Dans ma tête, « même pas mal et des dizaines de personnes me soutiennent depuis la métropole ».

Dans mon cas, arrivée à 17h22 en bas et montée vers le stade pour manger vite fait dons pas possibilité de dormir un quart d'heure. le poste fermait à 18h00, de nombreux raideurs ont abandonné là épuisés par la boue et bigrement remontés contre l'organisation et je suis parti avec un groupe pour tenter d'atteindre le gite de la Caverne Dufour (Piton des neiges) à 22h00 puis Cilaos à 0h30 soit une nuit dehors de 6h30 en grimpette (gîte à presque 2500m point culminant de la course) et descente vers Cilaos par le bloc sachant que tout était trempé.

à 1400m d'altitude j'ai réalisé que je ne serai jamais dans les temps et ne pourrai pas dormir en nature car c'était humide et en haut il ferait proche de zéro degré, j'étais trop fatigué pour passer seul plusieurs heures en montagne. Les frontales s'éloignaient dans la nuit et je me retrouvais dans le noir. Beaucoup repartaient en sens inverse alors j'ai fait pareil. J'ai mis 2h15 pour descendre 400m de dénivelée négative!

Dans la descente j'ai appelé l'organisation pour qu'il sache que j'étais hors course et ne m'attendent pas au prochain pointage. Plusieurs fois j'ai croisé des raideurs hors délai qui voulaient juste joindre Cilaos pour dormir abrité. Je suis arrivé à Hell bourg à presque 22h00. C'était la fin de ma petite galère et il n'y avait rien à manger. La navette qui ramenait les « abandons » venait de partir. Heureusement un compagnon d'infortune logeait non loin d'où dormaient les filles. Aujourd'hui Babeth me dit que j'ai maigri, dommage que je ne reste pas presque maigre pour les futures course où éventuellement j'irais plus vite, en très peu de temps, je vais me restaurer, récupérer, me reconstruire, en fait je vais me regoinfrer .


Pour conclure, il se pourrait que je sois devenu trop sage et ne veut pas me mettre en danger, je n'aurai jamais le T Shirt «Diagonale des Fous, j'ai survécu », qu'importe le bonheur est là.


En ce mois d'octobre 2011, j'ai vécu des moments forts, j'ai savouré des instants magiques.


Quand je suis passé au ravitaillement de la route du volcan, il faisait nuit et déjà c'était un bonheur prémédité, en 2009 c'était à 9h00, la course partait à minuit, cela faisait 9 h de course dont 3h le jour, la vue des nuages en dessous était belle mais m'avait coûté cher, cette année, départ à 22h, je suis passé en pleine nuit à 5h20 soit 1h40plus rapide. C'est bête mais déjà j'étais comblé, heureux « béat », les larmes et la gorge serrée étaient bien présentes. Toute la partie avant le Piton Textor n'a été que du plaisir. Le moment le plus fabuleux a été dans les virages de la montée à l'oratoire Ste Thérèse, Le soleil s'est levé sur le piton en face, dans le creux on distinguait des centaines de raideurs, sur cette partie roulante, j'en avais doublé un paquet et quand je m'arrêtais pour savourer ce moment, certains me repassaient, je leur disais que c'était beau, magnifique, je pleurais de joie. Rien que cela valait le déplacement, c'est un moment d'éternité, c'est cela qui est gravé en moi, cette couleur douce, orangée qui m'apaise, c'est le bonheur d'être sur mes jambes, de grimper où je veux et contempler une montagne au dessus d'une vallée et dans le cas de la Réunion, la montagne est au dessus de l'océan, c'est fantastique, papa n'aura jamais connu cela et j'ai une pensée pour lui. Que la vie est belle, mes amis en course ou en randonnée, c'est comme vous voulez, regardez les paysages, dans une nuit de pleine lune, les plantes et les cailloux vous font imaginer toutes sortes de chose, quand une couleur orangée d'un lever de soleil apparaît c'est magique, c'est la fin de la nuit, la naissance d'un journée, c'est l'éternel recommencement, c'était là avant nous, ce sera là des millions d'années après nous. Que notre terre est belle!



lundi 3 octobre 2011

Ego

Citation d' André Comte-Sponville :

« Tout Ego est frustré, toujours. Quand il n'y a plus de frustration, il n'y a plus d'Ego »


Cette citation m'a éclairé et aidé à analyser mes résultats récents sur des projets importants, certains m'ont donné une grande satisfaction, d'autres des frustrations, des désillusions et dans certains cas, je n'ai pas réellement eu de déception mais seulement de la surprise et c'est tant mieux. Clin d'oeil à kung fu panda: « demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau c'est pourquoi on l'appelle présent ». L'entraînement n'apporte pas de certitude, heureusement une course bien préparée ou non apporte des surprises.


A chaque fois pour mes projets, il a été question d'oeuvre collective impliquant des dizaines voire des centaines de personnes et quand il s'agissait de performance sportive, cela a été une connivence entraîneur-athlète.


Quand on m'a jugé sur mes décisions sur mes positions sur la conduite d'un très très grand projet où j'ai donné énormément pendant un an, j'ai sans doute souffert de non-reconnaissance mais avec du recul, c'est bien mon Ego qui n'a pas supporté la critique surtout qu' elle était négative. Si j'étais resté sur ma conviction initiale que ce qui compte c'est donner qui me rend heureux, j'aurais sans doute retenu que tous ceux qui ont reçu le cadeau étaient heureux et reconnaissants, comme c'est ma personne qui s'est sentie attaquée par toutes les imperfections, mon Ego était frustré.


Depuis la fin de ce gros chantier, ce grand projet, la vie que j'aime est revenue au premier plan. Cet été j'ai renoué avec l'envie de courir pour moi, pour mon plaisir, mon équilibre sans référence aux autres sans vouloir être devant ou derrière, juste courir dès le lever et écouter sentir la nature et respirer profondément pour en quelque sorte méditer. Dans la journée, ma vie ressemble à de nombreuses autres, mais le midi j'ai la chance souvent d'aller au stade, je cours pendant l'échauffement des athlètes et bavarde avec mes amis entraîneurs pour savoir qui fait quoi. Souvent je me laisse encadrer par un autre entraîneur et c'est bien reposant et agréable d'entendre les consignes, comme « grandis toi, regarde loin, relâche tes épaules, griffe ... » Quelquefois, je regarde des athlètes à qui j'ai donné une séance précise et éventuellement je donne des conseils ou bien encourage. Il y a tous les niveaux sur le stade et dans mon club. Des mauvaises langues font croire que seuls les champions peuvent prendre une licence chez nous. C'est complètement stupide, pour preuve, moi-même avant d'en devenir dirigeant, j'ai bien intégré ce groupe de passionnés de course à pied, mes chronos étaient modestes, ils se sont améliorés et ils resteront à jamais modestes. En tant qu'entraîneur, mon Ego a pu mettre en avant mon expertise et plus j'entraîne plus j'ai des résultats et plus je sais que je ne suis que pour très peu de chose dans la performance. Pourrais-je prétentieusement faire une analogie avec les « accoucheurs », c'est à dire affirmer que les coureurs ont en eux même la connaissance et que je ne suis là que pour les aider à accoucher ? La vérité est celle qui vous va bien et je vous laisse heureusement votre libre-arbitre.


Maintenant, il est temps de replacer l' Ego à sa place … Ailleurs.


Prenons les derniers échanges que j'ai eus. Dimanche 25 septembre, les deux garçons qui couraient au marathon de Berlin m'ont envoyé leurs résultats. Christophe et Jérôme ont chacun battu leur record personnel. Et j'ai eu droit aux : « bravo au coach charlie! ». A Berlin les conditions étaient bonnes et le record du monde a été battu par Pascal Makau en 2h03'38 .


Ce qu'il faut en retenir comme souvent dans le succès des coureurs, c'est que les conditions étaient toutes favorables, bonne préparation, bonne forme de l'athlète, bonne diététique les jours précédents, bonne gestion de course, bonne météo, pas de vent, pas trop chaud et bon mental.


Un des ingrédients n'est pas au rdv et cela ne fonctionne pas. Par exemple, il n'y a pas de confiance dans la gestion, les conseils, les réajustements du coach et cela suffit pour instiller un petit poison dans la tête du marathonien alors là oui, nous trouvons un responsable (le doute).


Nous avons fait un bilan oral avec Christophe, chrono de 2h52 en dinant ensemble et avec Jérôme en 2h49'16 (12 secondes gagnées) par téléphone puisque nous sommes dans un cas proche et dans l'autre élogné de milliers de kilomètres. Un jour il me faudra retourner chez Jérôme car Vienne est une ville que j'aime !

Nous savons que tout n'a pas été parfait et que dans les deux cas, nous pensions faire un meilleur chrono. Le marathon est une épreuve terrible car il suffit d'un moment où on se trompe d'allure et des dizaines de secondes s'envolent. C'est le cas, quand un marathonien ralentit sans s'en apercevoir en s'installant dans un confort comme dans l'autre sens quand il se sent fort et accélère et hypothèque la fin de course.


Ce dimanche 2 octobre, Alain a fait son deuxième marathon de l'année, après des conditions dures (chaleur et vent) au Mont St Michel il n'a pas eu de chance et il a eu droit à l'été indien à Lyon. Le vainqueur Rachid Ghammouni à lyon finit en 2h23'12 alors qu'il a fait 2h12'49 à Nice-Cannes en 2010. Alain s'est entraîné dur aussi, il avait l'air très bien et je le voyais approcher les 3h05. La météo n'était pas favorable ce dimanche, les organisateurs n'ont pas mis la climatisation Alain a fait 20 minutes de plus que ce que j'avais parié!

Pour se mentir un entraîneur pourrait dire, dans un cas c'est grâce à moi, dans l'autre c'est à cause de la météo.


Ce midi, avec d'autres entraîneurs du club, nous avons tenu le bureau et nous avons planifié des déplacements en groupe en car, nous avons décidé de futurs moments sympathiques comme le prochain st pol morlaix/ Taulé morlaix ou bien un marathon au printemps.


Quand je fais un raccourci, j'arrive à la conclusion que certes cela fait plaisir d'avoir des athlètes qui performent, qui quelquefois sont champions dans leur catégorie ou par équipe, mais quand nous mettons notre Ego ailleurs, nous retrouvons toujours de la joie, du bonheur de participer à des projets ensemble que ce soit pour un gars ou une fille qui va vite ou comme pour le ou la débutante qui nous a rejoint dont le seul objectif est de terminer sa première course.


Pour ceux qui ne le savent pas encore, une des qualités requises en course à pied en endurance c'est la patience, nous avons tous des exemples d'enfants qui n'étaient pas doués qui à force d'années d'entraînement avec les copains qui étaient toujours devant sont devenus des très bons coureur(e)s et aussi d'exemples de coureurs de très bon niveau régional qui venaient pour « piquer » les plans d'entraînement d'un club spécialisé marathon et qui repartaient sans avoir progressé ni dans leur pratique ni dans leur compréhension de ce que sont les rapports et la qualités de ceux-ci entre athlète et entraîneur qui sont gagnants. Attention, ne croyez pas qu'en étant plusieurs nous sommes plus forts mais quand on a plusieurs amis au service des autres cela fait beaucoup de valeurs communes et beaucoup de passion et de partage et on nous apprécie.


Avec le groupe d'entraîneurs que je côtoie et cela va au delà de mon club, en nous effaçant tout en suscitant la confiance, nous avons beaucoup de plaisir et très peu de frustrations car il reste moins d'Ego



lundi 19 septembre 2011

merci Françoise, merci au marathon relais de la vie

Grâce au relais marathon pour la vie, grâce aux copains et copines qui ont couru à côté de moi et grâce à Françoise qui m'a accompagné sur son vélo, j'ai terminé la semaine très très heureux.

http://www.marathondelavie.org/
allez voir et vous comprendrez pourquoi il nous arrive de courir avec le même T-shirt, sans dossard, sans chrono et toujours avec le sourire, sauf quand on est dans le dur et qu'on regarde ses pieds.

Qu'est-ce que c'est bien de se rappeler qu'on doit savourer une sortie, seul ou en groupe.

Seul, on se rappelle que c'est du bonheur que de bouger, de respirer, d'écouter le monde autour de soi, les oiseaux, le ressac si on est à côté de la mer et on peut aussi écouter son propre corps, sa respiration, les contacts avec le sol. Pour les adddicts à l'Ipod, je vous demande d'essayer de laisser la musique à la maison et écoutez autour de vous.

En groupe, ce dimanche, c'était une belle sortie sur des chemins non loin de Rennes où j'ai alterné sourires et tête des mauvais jours. Au début, c'était facile et je jouais avec des accélérations avec JeanLou et Thierry. Ensuite, j'étais suffisamment entâmé pour "méditer".

Pour Thierry, c'était beaucoup trop lent et il a accéléré pour se mettre dans une allure plus naturelle et agréable.

Jean-Lou et moi avons couru ensemble la moitié du parcours, c'est à dire à peu près un semi, Françoise à Vélo nous a rejoints à St-Jacques.

La photo d'elle a été prise par notre amie Martine sur la fin alors qu'il crachinait un tout petit peu. La plupart du temps nous avons eu une météo très agréable, du ciel bleu au début avec une température pas trop chaude.

J'ai croisé des coureurs qui ont en juin souffert sur un marathon, les organisateurs n'avaient pas mis la clim et cela avait durci la course.

Le relais marathon de 45kms environ est découpé en 4 tronçons, le troisième était en partie sur des chemins avec des passages difficiles pour le vélo et avec des petites grimpettes qui demandaient pas mal d'énergie. C'est là que j'avoue avoir eu des moments sans sourire, oui c'était dur mais quelle que soit la météo, une marathon devient dur dans la deuxième moitié ou plus tard dans le dernier tiers.

Au dernier passage de relais aux environs du 33ème ou 34ème kilomètre, toute une équipe de l'association Courir à st Grégoire dont je suis membre était là et nous avons terminé ensemble. Courir à St Grégoire comme tous les ans a doublé les "engagements" des coureurs (8 euros versés par le coureur et l'asso mettait aussi 8 euros).

Que ce soit en association ou en club, il y a toujours des coureurs qui ne se posent pas de question quand il s'agit de courir solidairement.

Mes amis courent, pour la place, pour l'équipe quand ce sont les cross, ils courent pour un chrono pour mesurer leur progression, pour le plaisir d'aller vite, pour mesurer l'efficacité de leur entraînement, ils courent pour profiter de beaux paysages en course nature, ils courent pour se dépasser dans l'ultra, ils courent pour accompagner des enfants dans les joëlettes, pour être heureux avec eux, ils courent pour donner un coup de main pour une cause qu'ils considèrent juste, cela peut être un simple tour de 5km sur le relais de nuit, encore pour ne équipe de copains, ce peut être sur plusieurs jours comme sur les ultra-trails, ils courent avec le sourire pour la photo !

Quand je suis dans le dur, je pense à des proches à qui on prescrit de la chimie en injection pour attaquer le cancer, je sais que c'est dur et je sais que c'est une sacrée bagarre et on ne doit pas penser à abandonner. Tout le corps lutte et souffre, on peut avoir la nausée, on peut penser que ça dure très et trop longtemps, on peut avoir des pensées négatives. Les amis sont là pour nous encourager.

Ce dimanche, je n'ai jamais souffert, je ne souffre pas en course, j'endure, je répète à ceux qui s'entraînent et qui courent longtemps: ce n'est que de l'endurance et cela nous fait du bien. Sur la fin, souvent on a envie d'arrêter, Moi je pense toujours et encore à ceux qui ne courent pas, ou ne courent plus. D'autres personnes ne mettent pas de dossard, se battent pour rester debout, plus tard certains re-trottineront et viendront courir le marathon relais pour la vie.


les photos sont de Françoise Gréhal et Martine Quelleuc

vendredi 16 septembre 2011

pause

Je ne m'en lasse pas de ce chemin côtier en partant de Cancale, en passant par la pointe du Grouin, en continuant vers les nombreuses plages dont celle de l'anse Du Guesclin.
A ma dernière sortie, nous étions trois rando-traileurs, nous avions chacun notre forme du moment, nos envies, nos obligations, nos vies bien différentes mais nous avons en commun la chance de pouvoir savourer ces instants de course entrecoupés de pauses. Il y a des petites pauses pour recharger la poche à eau, il y a aussi celle où on reprend son souffle parce qu'on s'est laissé griser par une accélération débutée dans une belle descente et continuée dans des pentes, il y a aussi la pause pour sortir le pique-nique. Dans quelques semaines, je ferai une très belle rando-sportive, il y aura des pauses, je me suis interdit d'emporter un appareil photo, je me suis promis de passer les barrières horaires. Là, pas loin de l'île Du Guesclin, pas de chronomètre, pas de dossard et seulement, la beauté du site, les amis et ces oiseaux qui me rappelent des rêves où je vole, cela méritait une photo.

mercredi 24 août 2011

courir vers ou pour le bonheur

Quand je cours tous les jours, je trouve cela normal, quand je ne peux car je suis blessé, ce n’est pas de la souffrance, c’est un manque, je prends le temps de non-course pour « méditer »

L’affamé : « j’ai mal au ventre d’avoir faim, ce serait un plaisir de manger un bol de riz, le bonheur, je verrais ensuite. »
L’assoiffé : « ma bouche est sèche, dans ma tête ça cogne j’ai mal, j’ai soif, ce serait tellement bien de boire de l’eau, le bonheur, pfff je souffre alors ne m’en parlez pas. »
Le sans abri en plein hiver : « mon manteau élimé ne me protège pas, Brassens racontait qu’un auvergnat lui avait chauffé le cœur avec un bon feu de bois, quand on n’a plus froid on peut peut-être espérer chercher le bonheur. »
L’insomniaque : « si j’avais une nuit correcte, je serai en forme pour chercher la sérénité. »
Le blessé : « mon corps est abîmé, je ne peux plus aller courir … »

On se pose des questions qu’on croit existentielles, il y a des désirs naturels, certains sont nécessaires et on ne peut vivre sans, d’autres sont peut-être un pas vers le bonheur.


lundi 1 août 2011

1er aout


Aujourd’hui, 1er Août, cela fait un an que papa a quitté ce monde. Maman l’a tant aimé et Maman pense sans cesse à lui. Tous deux ont fondé une très belle famille. Maman, encore hier me disait qu’elle avait eu beaucoup de bonheur d’avoir avec lui ses enfants qu’elle aime tant. Le détachement des choses matérielles est un pas vers le bonheur, c’est une idée que je partage complètement, nous ne sommes pas heureux parce que nous possédons, nous sommes heureux par ce que nous sommes, cela se résume par le bon choix entre avoir et être. Le détachement envers des personnes peut aussi être un choix pour ne pas avoir la tristesse de voir s’éloigner celui qu’on a tant aimé. La vie peut être sans haut et sans bas si l’on choisit de se détacher de tout, matériel et êtres vivants mais la vie peut aussi être comme dans le sport, il y a ceux qui pratiquent juste pour le bien être et c’est bien pour l’équilibre comme dans la devise un esprit sain dans un corps sain mais il y a aussi la compétition dans le sport. La compétition est un risque, le sportif peut tenter des stratégies et des tactiques périlleuses et cela peut passer et permettre de gagner comme cela peut aboutir à une contre-performance. Un marathonien performant voit aussi avec beaucoup de tristesse partir peu à peu ses capacités; il doit faire le deuil de sa vie d'athlète de haut niveau, s'il est sage, il accepte et peut transmettre ses connaissances et vivre sa passion de façon différente.

Ne pas faire de compétition c'est ne pas tenter de perdre.
Ne pas construire une relation durable c'est aussi un moyen de ne jamais connaître la séparation.

L’amour réciproque de Papa et Maman a été un choix, maman pleure souvent l’absence de l’amour de sa vie, l’amour apporte des joies et des peines. Maman m’a encore dit qu’elle est heureuse quand elle voit ses enfants, ses petits enfants, ses arrières petits enfants. Papa lui manque, à moi aussi, il me manque. Il n'était pas du tout sportif et maintenant quotidiennement il est avec moi dans mes footings. Je n’ai pas choisi ma famille, c’est Papa et Maman qui ont choisi de nous avoir mes frères, ma soeur et moi.
Tous les jours que je vis, je les remercie de nous avoir élevés et chéris. Maintenant je vois bien que si je me considère généreux, c’est bien parce que je donne comme Papa et Maman, ils m’ont montré qu'en donnant à sa famille puis plus largement à ses amis on ne possède pas mais on est simplement heureux.

samedi 16 juillet 2011

courir comme on respire ... reflexe vital

Ouvrir les yeux chaque matin, c'est bien. Boire un café, c'est ce que j'aime faire en premier. Ne pas réfléchir, juste respirer c'est un reflexe vital, ne pas commencer sa journée en examinant la liste des contraintes. L'été est là, il n'y a pas eu un seul jour où la météo m'a empêché de courir. Tous les matins, j'ai pu aller m'oxygéner, me faire plaisir. Une sortie matinale sans autre objectif que de commencer ma journée en étant bien. Douche, puis trajet puis travail, si pas de réunion alors petit tour au stade voir les copains, courir avec eux, lentement si je suis fatigué ou bien vite si j'en ai envie parce que vite c'est grisant, je veux continuer à courir pour le plaisir d'être aérien si possible ou tout du moins avoir la sensation d'aller suffisamment vite pour sentir l'air, le vent. Tout ça n'a pas d'importance mais c'est tout simplement la vie, dormir, bouger, manger, boire, rire, lire, écrire, grandir, se ratatiner et puis, se reposer, donner et recevoir, ne pas jalouser, faire du bien, ne pas subir, aider à construire, à se construire, aider à grandir, ne pas regretter ... être serein. Je cours chaque matin, je n'ai plus de chagrin, je vis. Merci à mes amis qui me témoignent leur soutien.

samedi 2 juillet 2011

récupération après "mon marathon"

Mes chers amis coureurs, bénévoles sur le marathon vert et marathoniens,
autant je préfère, en général voir les gens en vrai et boire des coups, refaire le monde, refaire le match ... refaire une course,
autant, après ce dimanche 26 juin, je vous demanderais svp, de ne plus me parler de ce marathon de vive voix et donner votre sentiment et vos impressions par écrit, par exemple par mail.
Si je décide de renouveler ma contribution à l'organisation, cela me donnera des axes de progrès mais en ce moment, comme tous ceux que je vois ne me parlent que de cette course et me donnent des conseils voire me font des reproches, cela me gâche tout simplement ma récupération.
Je voudrais redevenir un coureur qui va faire ses footings avec des copains sans que cela devienne à chaque fois un débriefing.
Après une semaine de boulot, même le WE j'ai l'impression de devoir toujours justifier mes décision, mes actions mes arbitrages.
Heureusement, j'ai un beau projet pour cet automne dans l'hémisphère sud ... du plaisir, du sport, de l'évasion.

vendredi 20 mai 2011

séjour en Ethiopie

je recense les coureurs et coureures qui sont partants pour un séjour sportif et touristique en Ethiopie. Ce serait 10 jours fin juillet à condition d'être minimum 10 pour louer un car et sillonner dans plein d'endroits, courir le matin et visiter l'après midi et même recourir le soir pour ceux qui veulent bien sûr, d'autres se contenteront de 3 ou 4 séances et certains 15 ... . Comme j'ai fait des repérages, plusieurs endroits où j'ai couru sont déjà programmés, Hawasa chez Hailé, Sululta et Entoto au dessus d'addis, cela varie entre 1700 et 3000m d'altitude avec des plateaux pour faire du rythme avec des champions Ethiopiens et des côtes pour ceux qui préparent des trails.

















Envoyez moi un message si ça vous branche sérieusement. charlielehoangan à gmail point com

dimanche 1 mai 2011

deux exemples de début de préparation de marathon

Voici 3 semaines présentées avec entraînement à la FC et l'autre à l'allure.
Pour la FC, c'est basé sur une observation lors des séances de préparation générale et avec le test de paliers de FC de christian Delerue.
C'est pour un coureur qui veut terminer le marathon avec 3 séances par semaine avec un chrono approximatif de 4 heures. L'idéal c'est qu'il communique avec un entraîneur pour donner ses impressions sur les séances, surtout après le bloc du WE qui est assez difficile. L'entraîneur saura modifier si nécessaire la charge ou les intensités.

samedi 23 avril 2011

week end de Pâques

Vendredi soir, je me suis mis dans la peau d'un fan.
J'ai attendu tranquilement devant mon téléviseur, l'émission de Stéphane Besnier le métropolitain mis en image par Emilien Bernard.
Bien qu'ayant vu quelques rushes dans l'avion de retour d'Ethiopie, j'ai encore été surpris de la beauté des images une fois montées, ensuite en tant que fan, j'ai savouré les mots d'Hailé.
Maintenant, mon objectif est de durer, si je vis jusqu'à 92 ans, je continuerais à courir.
En tous cas en ce WE de Pâques, je vais aller voyager intérieurement et qui sait, peut-être vais-je arriver à m'élever pendant quelques heures et contempler les humbles circadiens à Bréquigny. Dans quelques heures, c'est le départ du 24 heures de Rennes. Passez voir ... après avoir visionné l'émission dont le lien est ci-dessous. Bon Week End !

lundi 18 avril 2011

deux marathonniens en 2h41 et 2h42 à Paris


Voici un belle illustration du fait qu'il faut toujours remettre dans son contexte une performance.
Nous allons comparer ce qui a été accompli par Olivier Le Moigne et Cédric Faucon.
Tout d'abord, partons deux marathons avant. Olivier à New-york 2009 fait 2h54 puis à Berlin 2010 2h46, Cédric à Paris 2010 fait 2h35 à Nice-Cannes 2010 2h39
Olivier a battu son record en 2h41 alors que Cédric a assuré la qualification sénior en 2h42.
Cet automne, à Taulé-Morlaix, la consigne pour thierry Collen, Olivier et Cédric c'était de se faire plaisir sur 10K, ils sont arrivés tous les 3 en 3 secondes en 34'17,34'17 et 34'20.
Cet hiver, ils n'étaient pas dans les mêmes cross, puisqu'Olivier est vétéran et Cédric Sénior.

Bien entendu, à la vue de la progression des chronos, en fin de course, la motivation étant complètement différente, le rendement ne peut pas être le même.
La performance est dépendante de la motivation. Dès le départ quelquefois c'est déjà joué parce que le coureur n'est pas content de sa préparation, Cédric a "raté" plusieurs séances. Par contre même si tous les voyants sont au vert question physique, montée de FC à cause du printemps puis stabilisation lors de l'adaptation, la météo peut déjà faire des dégâts dans la tête des coureurs. Il y a de tout, le gars qui veut absolument rester dans l'allure cible et le gars qui se cherche des excuses pour s'installer dans une allure confortable. C'est là que c'est difficile. Il faut rester concentré sur sa course, gérer les éléments, composer avec la chaleur, le vent-contre les groupes qui se font et se défont, courir seul parfois, se battre contre la lassitude. Le marathon, c'est long et c'est fatigant, c'est longuement fatigant.
Enfin, nous pouvons constater que si nous repérons des FC caractèristiques, nous avons plus de chance d'aller au bout et ramasser à la pelle ceux qui ne veulent pas intégrer les conditions météo dans leur plan de course.
Les séances d'entraînement ont été réalisées aussi bien pour l'adaptation du corps, que pour mémoriser les allures ou les fréquences cardiaques caractéristiques que pour se forger un mental de combattant. Le cross l'hiver donne un mental de guerrier, c'est comparable à de la lutte, on se bat en homme à homme. Les séances qui durent sur route ou sur piste, permettent de se préparer à lutter contre la fatigue.
Déjà, Olivier a bien mis le marathon comme seul objectif dans son calendrier de printemps. Il a couru un semi marathon, celui-ci a été choisi à 3 semaines et il a suivi les consignes: 10km pour faire une répétition générale du marathon puis les 11,1 km en lâchant les chevaux.
Ceci donne de belles informations, des FC intéressantes.

samedi 16 avril 2011

mardi 12 avril 2011

courbes de FC au marathon de Paris



Au surlendemain du marathon de Paris, j'ai 3 courbes intéressantes de Fréquence cardiaque.
Il y avait deux Olivier et Cédric à courir pour chercher des chronos.
J'avais tablé en cas de conditions correctes, 2h49, 2h42 et 2h32
En tenant compte de la chaleur, 2h52, 2h44 et ... peut-être abandon.
Ils m'ont fait mentir.
Ils ont fait attention à ne pas grimper dans les FC qui "tuent" c'est à dire au dessus de celles des entraînements spécifiques.
Oliv Bersot a fait 2h51, je vous met en superposition le marathon et sa dernière grosse séance, il a battu son record de 3'.
Olivier Le Moigne a aussi battu son record à Berlin il avait fait 2h46 et à Paris 2h41
Cédric a terminé et a assuré la qualification, il avait fait l'année dernière 2h35 et là il termine en 2h42.

Dès que j'ai le temps je vous mettrai les courbes de cédric et olivier LM car il n'y a qu'une minute d'écart.

lundi 4 avril 2011

vers le marathon bénévoles

Souvent je rencontre des amis coureurs et organisateurs de course, il y a de tout: des trails, des 10kms, des marathons, des 15kms qui se font rares.
Nous sommes d'accord, c'est difficile mais nous aimons cela malgré les critiques négatives.
Il y en aura toujours.
Souvent nous nous disons et pensons la même chose: "si chaque coureur était bénévole sur une course cela ferait moins de râleurs"
Bon, en tous cas, les bénévoles sont difficiles à trouver mais quand ils constatent que du beau boulot c'est très gratifiant, ils boivent un coup ensemble, quelquefois, ils mangent ensemble, se racontent des histoires de courses ensemble, bref c'est encore et toujours du partage.
Il n'y a pas longtemps, mon club a eu droit à sa fête, le relais de nuit de Melesse. Bientôt ce sera le marathon vert. Des marathoniens il y en a au club, ils savent que c'est du bonheur de courir et savent qu'il faut du monde pour organiser, alors certains vont aller courir le marathon du Mont St Michel le 29 mai et ensuite le 26 juin ils seront là pour donner un coup de main.
Faites de la pub autour de vous et venez aussi participer à la fête de Cap Malo à Rennes.
Merci à Emilien Bernard de TVR pour ces 3 minutes.
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vendredi 18 mars 2011

vers le marathon à - 15 semaines

Comme tous les vendredis, TV Rennes 35 nous offre la chronique "vers le marathon"
Ce soir c'est le Professeur Rochcongar qui est intervewé et ensuite nous avons un focus sur Mama Ethiopia, Emebet Gebre-Ab en est la présidente cette association, je la soutiens de tout mon coeur.

Merci Emilien Bernard pour ces images et ces messages.

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samedi 12 mars 2011

dimanche 6 mars 2011

elles sont allés à Solulta et à Entoto au dessus d'Addis Abeba


Le 2 janvier, j’écrivais à propos de chaussures de course, « elles sont restées à Vung Tau ». Avec maman accompagnés de quelques uns de ses enfants et ses petits enfants, nous avons quitté physiquement papa. C’est dans ces moments forts que l’on prend un recul sur la vie qu’on a eu ensemble et celle qu’on aura séparé.

Ce voyage au Vietnam date de 6 mois, de l’été à l’hiver, c’est mentalement que j’ai été très secoué par la fatigue due à mes diverses activités professionnelles et associatives. Comme je le sous-entendais, je ne voulais plus que ce soit mon environnement qui me guide par le bout du nez, mais je voulais que mes choix soient dictés par du sens. Les voyages en avion sont parfois longs, ils procurent des moments d’introspection et engendrent de la fatigue physique.

C'est quand je suis très fatigué que je suis le plus sensible, un rien me fait pleurer.

Les décalages horaires ont aussi des incidences fortes et au moment où j’écris ces lignes, l’effet de mon dernier voyage est bien là. Déjà je me réveillais tôt le matin, depuis mon retour malgré une nuit blanche en avion, je suis décalé de deux heures et j'en profite pour écrire ce papier dans le calme.

Voici donc la transition vers mon tout récent voyage en Ethiopie.

Ces nouvelles chaussures et ce maillot verts m’ont accompagné dans le grand rift de l’est africain.
Ce cliché est une publicité pour la Marathon Vert Cap Malo Rennes parce qu’il le vaut bien !
Sans celui-ci, ce que j’ai vécu n’aurait jamais été possible.

Un peu d’histoire :

Début juin, Daniel Jeulin le président de l’association sportive organisatrice du marathon me contacte et m’invite à discuter de mon éventuelle entrée dans l’aventure. Comme de nombreuses personnes qui ne le connaissent pas, je ne vois qu’un business man. Très rapidement je m’aperçois que le projet est cohérent, qu’il est fédérateur, que le sport, le développement durable et l’humanitaire avec Mama Ethiopia donne du sens à cette future très belle histoire. Nous nous quittons une première fois en nous promettant : « nous allons faire des grandes choses ensemble ».

Quelques jours après, par téléphone, j’apprends la très bonne nouvelle, Emebet Gebré-Ab, qu’on appelle babeth ou Mama, Daniel Jeulin et Jean-Pierre Bigrel on rencontré Haile Gebre Selassié. Alors que tout le monde en France semble dire que le marathon vert raconte des histoires, Hailé donne son accord pour être le parrain et confirme qu’il sera en personne à Rennes pour le WE du 25 et 26 juin.

Les mois passent, les heures passées en réunion s’accumulent, la structuration, la répartition des tâches sont difficiles et il faut de la motivation pour travailler alors qu'on a l'impression de ne pas assez avancer.

Alors que nous sommes à plusieurs mois de l’événement nous ne sommes qu’à deux dizaines à l’organisation et nous savons qu’il faudra des centaines de bénévoles à terme, peut-être 800 voire 1000.

Il y a toujours des soucis, des doutes et Daniel paraît être celui que ses collaborateurs décrivent : « il a une idée par seconde » et toujours optimiste.

Début janvier, juste après avoir eu mon grand coup de blues qui m’a amené à décider que je ne subirai plus mais que je ferai ce que je veux faire et ce que j’ai à faire, dans une réunion avec Daniel, je lui dit que quoiqu’il arrive je veux aller en Ethiopie le plus vite possible pour « comprendre ce que je fais avec le Marathon Vert et Mama Ethiopia ».

Mon très fort sentiment est que j’ai besoin de voir là où sera l’orphelinat, j’ai besoin de voir où j’irai entraîner des coureurs, j’ai besoin de respirer l’air sur ce plateau du grand rift de l’est africain, en fait j’ai besoin de savoir si je peux aller passer du temps parmi les Ethiopiens et peut-être ai-je besoin de savoir si je vais avoir du plaisir à vivre parmi eux quelques semaines par an.

Daniel est formidable, il s’engage dans des projets où il n’a pas toutes les compétences, toutes les connaissances sur le, mais comme il y croit, il fonce et provoque la chance, pour cela, il rencontre et cherche à rencontrer toujours plus de monde et quand il croit qu’il a trouvé une personne qui a non seulement les qualités mais aussi les valeurs, il écoute, il implique la personne et « booste » l’aventure.

Chez certains businessmen, c’est l’argent c’est la puissance financière qui donne le pouvoir.
Encore faut-il examiner quel pouvoir cela donne.

Il y a le pouvoir d’acheter.

Peut-on acheter la sagesse, peut-on acheter le respect, peut-on tirer des larmes sincères ?

Arrêtons là, ces lieux communs et revenons à ce que j’ai vécu grâce à Daniel qui a choisi de m’écouter et de m’emmener en Ethiopie.

Nous étions donc un groupe à prendre l’avion ensemble à Roissy le dimanche 27 février.
Daniel, Babeth, deux membres de TV Rennes 35, Stéphane Besnier directeur et journaliste, Emilien Bernard journaliste et cameraman et moi. Depuis Rennes nous avons apporté des valises quasiment vides car à l’aéroport nous les avons remplies de cadeaux collectés par Mama Ethiopia, cela fait un bon quintal.

L’avion nous a emmenés à Addis Abeba en 7 heures. A l’arrivée, nous avons réglé nos montres avec 2 heures de plus par rapport à Paris.

Sachez qu’Addis est à 2300m d’altitude, cela me rappelle que lors de la course du Canigou, j’avais vécu un moment très difficile, le départ est à Vernet à 600m, arrivé sur le plateau à 2200m j’étais asphyxié et avait du mal à mettre un pied devant l’autre, le pic culmine à 2800m et c’est en étant à côté du drapeau catalan que j’avais recouvert le sourire, donc j'appréhende d'être si haut.

Nous avons passé une journée à Addis pas spécialement passionnante, je retiendrais que Stéphane a eu des moments difficiles à cause de la montée d’escaliers plusieurs fois dans des batiments administratifs alors que l’oxygène manque et que ses genoux sont douloureux de façon chronique (c’est un ancien footballeur).

Quand même, au moment où le soleil se couchait, nous sommes allés voir des coureurs à Djalmeda où une semaine avant avait lieu le championnat d’Ethiopie de cross. C’est un endroit que j’avais déjà vu en image dans un magazine de course à pied qui aime le cross qui aime l’Ethiopie.

Un jeune coureur, quand je lui ai demandé combien de fois il s’entraînait par semaine, m’a répondu 3 fois. En anglais : « training 3 times a week » Je l’ai fait répéter en disant non pas par jour mais par semaine. Et c’est bien ça qu’il a répété : « 3 times a week ».

Avec quelques jours de recul et après avoir discuté et surtout écouté Hailé, j’ai compris une chose essentielle dans leur vision de notre sport.

C’est plus facile en anglais : « training and running » plus tard vous écouterez l’interview d’Haile et il y aura en plus la différence entre « compete and run »

Les coureurs Ethiopiens que j’ai côtoyés ne parlent de training que pour les séances dures, celles où ils se font mal.

« train hard, compete easier »
s’entraîner dur pour une compétition plus facile.

Le soir nous avons dîné d’une injeera dans une salle où se produisait un groupe avec musiciens et danseurs folkloriques. Moment bien sympathique mais il ne fallait pas traîner pour aller dormir et recouvrer un peu du sommeil perdu dans l'avion.

La nuit fût courte, nous avions rendez vous avec les coureurs pour aller à l’entraînement. C'est Edith une fille de Babeth qui a usé et abusé de son téléphone pour inviter les coureurs.
Dans les pays chauds, il faut s’entraîner avant le lever du soleil, là comme nous sommes allés sur un haut plateau appelé Solulta, l’altitude fait que la température est agréable.
Réveillé à 5 heures, je me demande si je vais réussir à tenir le coup à 2800m.

La car ramasse à plusieurs endroits des gars et quelques filles. Ils et elles sont très timides et pour engager la discussion, je demande s’ils font des 10K, leurs chronos, certains ne font pas de route et ne font que les cross, il y a quand même des survêtements Ethiopia ce qui veut dire qu’il font partie de l’équipe nationale.
Pour les marathoniens, j’apprends qu’ils font 3 semis et 2 marathons par an. Leurs chronos sont très très bons.

Quand nous démarrons la séance, le soleil est levé et tous gardent leur survêtement, je suis le seul à être en shorty et avec une veste de running.

L’entraînement sur le plateau les endurcit, je confirme que le manque d’oxygène rend difficile l’entraînement.
Avant la fin de l’échauffement je suis bien chaud, j’abandonne la veste et je fais les accélérations avec eux.
C’est du grand délire, ce qui est une accélération souple pour eux ressemble à du sprint pour moi c'est à dire plus de 20km/h.
Suivent des éducatifs des montées de genoux par exemples et aussi des mouvements de bras que je ne pratique pas en running seulement en judo.
Ils font quelques étirements, adducteurs, quadris, mollets, ischios et plusieurs groupes de coureurs se constituent, il y aura des parcours différents dans le cœur de séance.
Comme je ne veux et ne peux pas suivre les groupes en nature, je décide de faire la séance sur la route, c’est simple, ils se mettent à une borne kilomètrique et font 15 bornes … à fond.
Ma stratégie est simple, le temps qu’ils enlèvent leur survêtement, qu’ils donnent les consignes, qu’ils indiquent où ils remonteront dans le car, je pars et j’aurai donc plusieurs minutes d’avance.
Voilà pourquoi je fais du bitûme alors que j’aurais pu faire ma séance en nature … et me perdre.

C’est sympathique car je croise d’autres coureurs toujours souriants et des enfants qui disent bonjour.

La route comporte des faux-plats voire des côtes et des descentes alors je comprends que le parcours du marathon vert sera « facile » pour eux. Nous sommes à 2800m d’altitude alors que Cap Malo est à 98m, l’arrivée à Rennes est à 27m.
A un moment, quelques coureurs me doublent ainsi que le car dans lequel Emilien filme, Stéphane et Daniel prennent des photos et m’encouragent, pendant quelques dizaines de mètres je me mets au même train qu’un fille et travaille ma foulée, c’est euphorisant

L’air de rien je fais une séance d’une heure et demi.

Je rejoins un groupe qui n’a fait que 10km et nous pouvons discuter c’est toujours un plaisir de parler entraînement, parcours, courses, jeunesse, inexpérience pays visités.

Le car revient et nous récupérons un à un les différents groupes à divers endroits.
Nous n’avons pas le temps de retourner à l’hotel car babeth a rendez vous avec Hailé.
Nous prenons un petit déjeuner dans un café « la parisienne », alors que je décide d’aller à la douche, un téléphone sonne, on nous avertit qu’Haile descends nous dire bonjour.
C’est un grand honneur pour moi de lui serrer la main et de constater qu’il est toujours aussi souriant, il s’installe à côté de nous, Daniel me demande de me tenir juste à côté de lui pour que je puisse tenir la conversation en anglais.

Oui, c’est avec beaucoup de plaisir que je lui raconte que j’étais à Berlin quand il a battu la deuxième fois le record du monde, j’ai parlé de mes amis de la JA Melesse qui ont fait un tir groupé : Franki en 2h36, Laurent en 2h37 et Karim en 2h38. Il me demande ce que j’ai fait, alors timidement je lui dit que j’étais très très loin derrière et il me dit « only two hours ».
Pour me trouver des excuses, je lui confie que je suis agé, il me dit « vétéran » et je mets en avant les superbes coureurs de mon club qui ont cinquante ans et qui courent toujours autour de 2h30. Je pense bien entendu à André alias Dédé Sicot et Patrick Helleux qui ont déjà claqué respectivement 2h20 et 2h21. Haile me montre que ça lui fait plaisir car cela lui laisse des années « à performer ».
Sincèrement, quand je parle de course à pied, je préfère de loin parler des autres plutôt que de mes propres chronos qui ne veulent rien dire et c’est là que mon club la JA Melesse est une fierté.

Quand Haile va venir à Rennes, je serai fier de lui présenter les coureurs et aussi celui qui m’a permis d’être ce que je suis un entraîneur, c’est Christian Delerue, le président d’honneur de la JA Melesse qui a construit ce club et qui a montré la voie à beaucoups de coureurs et entraîneurs.

Quand on y réfléchit bien, toutes ces heures que j’ai données au club, à mes athlètes, toute cette énergie que je donne bénévolement se sont en quelque sorte transformées en ce bonheur que j’ai vécu tout récemment.

Un jeune coureur éthiopien, un jeune coureur breton ne court pas pour être champion du monde, il court parce qu’il aime ça. Un coureur plus agé qui ne performe pas spécialement ou qui ne peut plus être compétitif devient entraîneur pas par contrainte pas pour avoir un poulain qui deviendra champion mais seulement parce qu’il aime partager, transmettre, faire progresser, progresser lui-même.

Je suis devenu entraîneur, je suis devenu président de club, cela m’a mis en difficulté parce qu’il faut trouver un équilibre entre vie familiale, vie professionnelle, vie de dirigeant, vie d’entraîneur et vie de « runner ».

Running and compete, Haile a dit qu’il devra un jour arrêter la compétition, il ne faut pas confondre Running et Compete, il continuera toujours le running comme un gars de 92 ans qu’il connaît.
Le message est grand : « running c’est naturel c’est la vie, compete c’est autre chose, ça a un temps, un jour ses records seront tous battus »

Je reçois beaucoup de messages d’amis, il me disent que je mérite le bonheur d’avoir parlé et couru avec Hailé. C’est grâce à ce que j’ai fait, grâce à mon implication dans la course à pied, grâce à ce que j’ai donné que j’ai en retour la confiance de ceux qui me connaissent et la sympathie de personnes qui découvrent au fur et à mesure que nous avançons dans l’aventure quel être humain il y a caché chez un dirigeant, un organisateur, un coureur, un champion, un business man, un journaliste, une Mama.

Merci Daniel, Merci Haile, Merci Babeth, Merci à tous ceux qui m’ont offert ces moments inoubliables.

vendredi 4 mars 2011

Une matinée peu ordinaire à Addis Abeba

5h45 emebet Gebre et charlie prêts pour aller courir , le soleil s'est levé et les coureurs ont fini leur échauffement, certains s'élancent sur le bitûme pour faire du train avec des bornes kilomètriques pour se repérer. Le car nous sert à la fois de véhicule pour aller d'Addis à 2300m d'altitude jusqu'à Solulta à 2800m un des lieux d'entraînements et aussi de studio pour la télévision. S'entraîner dur avec moins d'oxygène pour faire ds marathons en pensant que c'est plus facile ...
Déjeuner en Ville avec passage éclair d'Hailé !!! deux jours après Hailé fait une déclaration dans notre car-studio !




mardi 22 février 2011

la page est tournée 24' -> 24h -> 48h et plus

Voilà, ce dimanche à Melesse, c'était le cross pompiers. Cela a permis à quelques copains du club qui sont pompiers de s'entraîner en vue du championnat de France à Marmande.

Pour ma part, ça a été un immense plaisir de rechausser les pointes. La veille, le samedi, à l'entraînement ça glissait beaucoup sur la pelouse et il y avait des flaques d'eau. Dimanche matin j'ai mis du 18 et du 15, mais arrivé sur place, j'ai fait une reconnaissance et j'ai décidé de raccourcir et d'opter pour du 12. En fait ça allait très bien.

Pour me faire plaisir je suis parti au carton et quand j'ai vu que j'étais au même niveau que jean-pierre Vaugon un très bon crossman V2, j'ai ralenti, malgré cela j'étais déjà très haut en pulses. Au bout de seulement 1'45 j'étais à FC 170, en appliquant la règle 220 - l'age, mon max est de 168. Après 3'15 j'étais à FC 176, la fameuse règle doit s'appliquer à des crosmen sur console WII. Ensuite j'ai continué à maintenir mon effort et j'avais une respiration très très forte, ça ramonait dur et je me suis vu osciller entre la FC 176 et 180 tout le temps. Voilà, mon dernier cross de la saison est passé, j'ai eu beaucoup de plaisir à être à fond cela a duré 24 minutes.

Pour l'anecdote, Jean-pierre Vaugon a gagné en V2 et christian Delerue bien que V3 m'a enrhumé dans le dernier tour. bravo à eux et aussi à mon neveu luc jamin qui gagne en junior.

Déjà d'autres copains du club, bien qu'invités ont préféré aller courir un 10km sur route. en quelques dizaines de minutes. Il ne reste plus que Thierry comme crossman qui va courir à la finale du championnat de France à Paray Le Monial dimanche qui vient.

Pratiquement tout le monde est tourné vers la route et comme le club est truffé de marathoniens, les préparations ont démarré pour Paris, d'autres vont s'aligner à Sénart, d'autres au Mont st Michel, il y en a même qui vont courir à domicile, au marathon vert Cap Malo Rennes.

Il paraît que quelques Ethiopiens vont courir très très vite, pour briller devant Haïlé Gebresselassié, en tous cas en plus de 2 heures quand même. Bien que j'ai quelques marathons, à mon agenda, ce ne sera pas avec des objectifs chrono, je vais me faire plaisir avec des enfants en joëlettes, cela va me faire des sorties longues de préparation. Mon année est définitivement programmée pour de l'ultra. C'est dingue de penser que je vais aligner des milliers de kms à allure lente à des FC souvent autour de 135 pulses. De temps en temps, je vais quand même faire de la VMA sinon, je ne serai plus un diesel mais une brouette.

La page est tournée pour mes athlètes et pour moi même, plus de départ au carton, plus de FC de folie; mais quand même, pourquoi pas un peu de 30-30, des 200, des 500, des 600, à l'entraînement et quelques 10kms pour s'arracher, en tous cas pour faire tourner le moteur à haut régime un peu ....

ci-dessous, bien qu'en descente j'étais limite asphyxié, j'ouvrais grand la bouche pour capter un maximum d'air.

mercredi 16 février 2011

thierry un crossman heureux au Pré France

Mon ami thierry est allé à la demi-finale du championnat de France de cross, cela s'appelle quelquefois le pré france et autrefois les inters car c'est la rencontre entre plusieurs régions d'athlétisme.
La Bretagne, la Haute Normandie et la basse Normandie se rencontraient à Graignes.
Côté qualification, en sénior et en vétéran Homme, par équipe il faut arriver dans les 5 premières, en individuel c'est très difficile car il faut être parmi les 30 premiers qui ne sont pas qualifiés équipe.
Autant dire que les places sont chères et c'est pourquoi c'est toujours très motivant de courir les cross et de viser le France quand on n'est pas un champion.
Les champions eux, assurent leur qualif, c'est à dire qu'ils se placent dans les premiers s'ils ne sont pas en équipe et puis visent le podium voire le titre en finale.

Thierry m'a envoyé un message bien sympathique suite à sa course de dimanche, le voici:

salut Charlie,

ci joint mes courbes de la semaine passée.
Je n'ai fait que des footings car je ne me sentais pas trop en méga forme depuis la grosse séance du WE dernier.
J'ai commencé à me sentir mieux samedi matin mais avec une petite peur au ventre qui montait tout doucement.

Quel accueil samedi soir chez nos amis normands de la JA Melesse !!! La soirée s'est déroulée dans un petit restaurant avec des pâtes et pizza pour tous, des profiteroles au chocolat pour certains et de l'eau pour d'autres.
Dimanche matin, toute l'équipe des vétérans de la JA melesse s'est retrouvée avec joie, JD, Laurent, Dédé, RV et Michel.
Après une très bonne nuit chez nos amis de la Normandie, c'est avec la boule au ventre que nous avons découvert le parcours du cross de Graignes.
Laurent, en fin connaisseur nous a fait une reconnaissance d'enfer : Un très bon parcours, un peu humide et gras par endroit, du sable compact, de l'herbe , des chemins, du devers, un long faut plat montant, une belle bosse et un paquet de virages. C'est simple à retenir : 2 petites, 2 moyennes, 2 grandes !
Le public a répondu présent , le cadre est extra et nous avons même la vidéo en direct. Cependant, la météo est KK, une petite pluie s'est invitée, la température avoisine les 3°C et il faut compter avec de belles rafales de vent.

J'ai la gniac et je me prépare à refaire une belle course, bien gérée, du début à la fin. pan ! je pars très vite comme à Quintin, peut-être dans les 20 premiers. Laurent est devant, en tête sur 50 m , j'ai du mal à le suivre. Je lève le pied après environ 200 mètres de course folle et de bagarre aux coudes à coudes. Dès la fin de la 1ère petite boucle, le peloton commence à s'étirer enfin et nous retrouvons un peu d'aise sur ce parcours pas très large. La 2ème petite boucle est vite avalée mais purée certaines portions commencent déjà à se détériorer sévère, ça colle ou ça dérape à point !

J'ai rejoint Laurent, nous attaquons maintenant 2 moyennes boucles, on est classé dans les 35ème. Manu Cerisel nous a également rejoint ainsi que Pascal Boussaud qui filera 30 mètres devant d'un seul coup d'un seul ! Dans la 2ème moyenne boucle, je relance et je prend la relève de Laurent. C'est risqué mais c'est maintenant qu'il faut envoyer car ça revient dur de derrière, les places filent. Au dire des spectateurs, on est classé 45.

Les encouragements sont nombreux. Les copains de la manche se sont placés un peu partout sur le parcours, j'entends et reconnais également un copain de l'ADN, des voisins d'Acigné. ça fait chaud au coeur d'entendre hurler le nom de Melesse, surtout qu'à cet instant, avant d'attaquer les 2 dernières grandes boucles, le mental va coincer un peu. Je me sens ralentir, coincer, baisser les armes, je paye mon départ trop rapide. Un spectateur me hurle de relever la tête et mes genoux, je ne sais pas même qui c'est . Bruno tu es là ? Mes genoux ? impossible, mais ma tête penchée vers l'avant à chercher des crevettes , là le gars n'a pas tort. Il ne me faut pas grand chose pour retrouver la gniac, d'autant plus la grande boucle est assez roulante. Je me relance et je me régale presque; de 50ème, je repasse 46. Maintenant, il faut tenir mon rang. On attaque enfin la dernière partie du cross, une 2ème grande boucle. J'entend mes potes, Sullivan, Julien et son amie qui n'ont pratiquement plus de voix à tant crier pour nous encourager. Plus loin , Alain Pubert, en grand coach court carrément à mes côtés pour me donner les ultimes encouragements avant ce dernier 800 m de folie. Reste 600 m , je me fais prendre une place; plus loin, je la reprend mais pas longtemps.
300 mètres avant l'arrivée, c'est quasi le carton pour moi, le dernier long faux plat montant m'a achevé. Mais bon sang, la qualification va peut être se jouer la maintenant. Je ne sais pas comment je peux relancer encore, je ne sais pas. Mais ça repart, 200 m , 100 m et je passe cette ligne en ayant gardé ma 47ème place. Je suis sonné, comme jamais, il me faut bien 1' pour retrouver mon calme et mes esprits.
Décidément, j'aime le cross country et encore plus avec mon club de la ja melesse.

La cerise sur le gâteau, c'est que j'ai la permission de Murielle d'aller au France. La logistique est en cours d'étude ....

A+ Charlie, et merci pour tout .

jeudi 3 février 2011

thierry un crossman heureux

Arriver 48ème au championnat de Bretagne de Cross, pour n'importe qui cela ne veut rien dire. Pour un Breton présent à Quintin le 30 janvier 2011, c'est déjà plus concret car le spectacle était magnifique, le soleil perçait de temps en temps, en hauteur le vent était glacial mais la perspective très belle.
Thierry Collet a gagné la course des vétérans, c'est le double champion car il avait gagné l'année dernière.
Thierry Collen n'a pas fait exprès d'avoir un prénom et un nom très proche du champion, il est arrivé derrière mais comme vous le verrez dans le message qu'il m'a adressé il a passé un très bon moment.
Pour les crossmen bretons, c'était notre "championnat du monde"

thierry a écrit:
que du bonheur cette journée !! purée, on peut être fier de nous tous car de réunir autant de copains au régional et même des copains qui ne courent pas, c'est super !
comme au départemental 3 semaines auparavant, j'ai adoré même si celui ci était bien moins plat ! J'ai pris un très bon départ, je l'avais bien bossé et c'est passé ! il faut dire que côté départ, je commence à être habitué avec Dédé et Lolo qui s'en donne à coeur joie. purée, je pensais pas que cela me procurerai autant de plaisir de côtoyer quelques secondes la tête de course.
après j'ai rapidement levé le pied pour trouver mon allure et me préparer à rentrer dans le match. tout a été très vite. la moyenne boucle est passée nickel, rien à dire, c'est costaud quand ça monte mais derrière, ça descend et il faut lâcher les gaz. la 1ère grande boucle est encore plus corsé, d'ailleurs, j'ai du mal à tenir mon rang; mais je m'accroche. Lolo est repassé devant moi, mais dans les montées, il n'est pas à son aise. J'essaye de ne pas trop le lâcher même si je me dis que je suis fou. Dans la 2ème GB, je finis par prendre le risque de le dépasser dans la 1ère patate. J'y crois bon sang, on va faire un bon truc, c'est à mon tour de l'aider. et je relance comme un dingue. Côté place, c'est le Yoyo à grande vitesse, je passe des gars , d'autres me repassent. rien à voir avec le départemental. Je n'arrive pas à garder ma place si durement gagnée et personne ne veut se faire doubler aujourd'hui. C'est déjà la dernière boucle, je sais que j'ai repris malgré tout quelques places, je dois être 45 ou 46 au dire des spectateurs. Malgré tout, je sens que je n'ai pas le jus pour continuer à en gratter, j'ai tout juste ce qu'il faut pour essayer de garder ma place. Dans la dernière patate, je coince mais le mental tient le coup, je suis toujours dans l'axe côté foulée, gestuelle et merde, c'est presque la fin. Encore un effort, j'arrive sur le plateau de départ, il reste juste quelques virages et c'est la longue descente vers l'arrivée.
Incroyable, je me refais presque la cerise (faut le dire vite) et j'allonge la foulée. Mais encore une fois , je reprend 2 gars et 3 ou 4 autres me reprennent , arrrr.
Je ne sais plus, mais je vise le top 50. Il est temps d'en finir, une 1ère légère crampe me titille le mollet droit, puis une 2ème. Je voudrais mesurer ma vitesse dans cette fin descente !!!! Dernière ligne droite, le finish est à bloc, pas dans le même état physique que le départ mais avec le même mental.
purée , j'adore le cross. merci coach pour la prépa que tu NOUS a concocté et merci à tous les copains pour tous les encouragements.